La ZLEC : un tournant majeur pour l'Afrique ?

Temps de lecture : 5 min

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Revenons donc au sujet d’aujourd’hui, nous allons évoquer un accord qui pourrait changer la donne sur le continent africain, la ZLEC.

Merci à Théodore, membre de la communauté sur Discord, de nous avoir suggéré le sujet de cette édition.

1. La ZLEC est-elle un tournant pour l’Afrique ? 📈

ZLEC : Zone de Libre Échange Continentale. Le libre-échange correspond à une politique économique qui entre dans le domaine du commerce international. Il s'agit de supprimer les restrictions douanières (principalement les taxes) afin de laisser place à la libre circulation des biens et services entre les pays sans intervention des gouvernements. 

L’Afrique dispose d’une superficie de 30,37 millions de km2. Le continent est plus grand que l’Europe (10.18M de km2), les États-Unis (9,83M de km2) et la Chine (9,57M de km2) réunis. Cependant, les échanges commerciaux entre les pays africains représentent uniquement 16% des échanges globaux, en Europe ce taux grimpe à 60% et en Asie 69%.

Ce faible taux pourrait provenir de plusieurs facteurs :

  • Les infrastructures et économies africaines ont été conçues en priorité pour répondre aux besoins des exportations vers les pays occidentaux.

  • L’Afrique exporte principalement des matières premières à destination des pays du Nord sans les transformer sur son sol. Par exemple, le Nigéria 🇳🇬 est le premier exportateur de pétrole brut mais importe 91 % de ses besoins en carburant 🤔.
    Ou bien nous avons tous en tête l’image des travailleurs ivoiriens sur les plantations de cacao, qui n’ont jamais goûté de chocolat, car absolument tout ce qui est récolté est exporté.

  • Le faible niveau des infrastructures routières ne permet pas d’échanges réguliers entre pays africains. (Évoqué dans notre édition “Retour en Afrique : Les 8 difficultés”).

Avant le projet de ZLEC, il existait déjà des zones économiques au sein des pays d’Afrique. Parmi les plus connues, nous pouvons citer :

- La CEMAC

Il s’agit de la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale, six pays en font partie : Cameroun, Centrafrique, Tchad, Gabon, Congo et la Guinée Équatoriale. La monnaie utilisée est le Franc CFA d’Afrique Centrale (XAF).
Cette monnaie est non utilisable dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest (XOF) ; les deux monnaies ont pourtant la même valeur. Pour convertir des XOF en XAF (ou inversement), il faut préalablement convertir la monnaie en EUR 🤔.

- La CEDEAO

Il s’agit de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest. Quinze pays en font partie : Bénin, Burkina-Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra-Léone et Togo. Ces pays pourtant membres de la même communauté économique n’utilisent pas tous la même monnaie.

- L’UMA

Il s’agit de l’Union du Maghreb Arabe, cinq pays en font partie : Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie. Ils n’ont aucune monnaie en commun.

Pourquoi la ZLEC ?

Il n’existait pas de zone regroupant l’ensemble des pays africains et c’est tout l’enjeu de la ZLEC (Zone de Libre Échange Continentale Africaine).

La ZLEC vise à créer un marché unique continental (de 1,2 M de personnes) avec la libre circulation des biens, des personnes et des investissements, similaire à celui de l'Union Européenne. Adopté en 2012, le projet de zone de libre-échange continentale avait, en juillet 2019, été approuvé par tous les États du continent africain, hormis l’Érythrée.

➡️ Le but de la ZLEC est donc de développer le commerce intra-africain et ouvrir l’ère d’industrialisation de l’Afrique. Selon l’ONU, elle pourrait augmenter de 50% les échanges entre pays africains ce qui fera de l’Afrique la plus grande zone tarifaire au monde.

🛃 Les entreprises exportatrices africaines auront désormais accès au marché panafricain qui était difficilement accessible en raison des coûts de transport et des taxes douaniers. En consommant panafricain, les consommateurs locaux vont donc profiter d’une augmentation de leur pouvoir d’achat grâce à la suppression des droits de douane qui se répercutaient sur les prix. De plus, grâce à l’accord sur la libre circulation des personnes les africains pourront voyager dans les pays membres sans avoir besoin de visa 🧳😍.

✅ Cet accord de libre échange envoie un message fort des pays africains au reste du monde : les africains ont la volonté de travailler ensemble pour le développement économique du continent. Aujourd’hui, l’accord a été ratifié par 27 pays. La ZLEC devait entrer en application au 1er juillet 2020 mais la crise sanitaire du Covid-19 a malheureusement repoussé sa mise en place à une date ultérieure.

Pas de monnaie commune

Afin de ne pas reproduire les erreurs du passé notamment avec l’euro qui a fragilisé certaines économies européennes, la ZLEC se réalisera sans monnaie commune, les politiques économiques des pays d’Afrique étant si différentes les unes des autres. C’est déjà le cas au sein de certaines communautés économiques d’Afrique déjà existantes (CEDEAO, CEMAC, UMA) dans lesquelles les pays membres n’utilisent pas tous la même monnaie. Les coûts liés aux taux de change pourraient cependant constituer un obstacle majeur au commerce intra-africain.

2. Axes d’améliorations afin que la ZLEC soit un succès (selon moi) ⚠

Des règles d’origine claires

Les règles relatives à la notion “d’origine” des biens permettent de déterminer le pays d’origine d’un produit. Elles sont importantes du fait que les droits et restrictions applicables dépendent de la provenance des produits importés.

Définir et attribuer l’origine des marchandises constituera un défi particulier pour la ZLEC en raison du nombre de pays impliqués dans l’accord. Pour faire circuler des marchandises, les producteurs devront prouver que les produits ont une plus value ajoutée africaine (on parle de 50% de valeur ajoutée aux produits).
Par exemple, des produits étrangers ne pourront pas bénéficier des avantages de la ZLEC s’ils n’ont pas été transformés au moins à 50% sur le sol africain.

Financer les infrastructures routières

Le réseau routier africain, le plus faible au monde, est insuffisant et détérioré (on compte 7km "de bitume" pour 100km2). Améliorer et financer de nouvelles infrastructures de transport permettra d’une part, de réduire les coûts logistiques et de réparation de matériel qui sont actuellement très élevées dans le cadre du transport intra-africain et d’autre part, d’accélérer les échanges entre pays africains.

Réduire la corruption et coupeurs de route

Il est légitime de douter de l’applicabilité des règles de la ZLEC lorsqu’on se penche de plus près sur les problèmes de corruption et de lenteur au sein des administrations fiscales en Afrique. La digitalisation des services administratifs, ainsi qu’une meilleure rémunération des agents pourraient être une solution pour réduire ce fléau.

La recrudescence des “coupeurs de route” de grand chemin et les “faux barrages” qui sévissent sur les autoroutes sub-sahariennes constitue un obstacle sécuritaire de taille à la liberté de circulation portée par la ZLEC.

De la volonté politique

Afin que la ZLEC soit le succès africain qu’on attend, la production et donc la transformation de matières premières sur le sol africain est primordial. Les politiques doivent avoir une volonté d’industrialisation de l’Afrique dans son ensemble et en respectant les spécificités propres à chaque pays.

3. Quels résultats peut-on attendre de la ZLEC 🚀

Améliorer l’emploi des jeunes

La jeunesse d’Afrique dispose de nombreux emplois précaires. Les mauvaises conditions de travail, les salaires insuffisants et emplois familiaux non rémunérés ont des conséquences néfastes sur la jeunesse : 70% des jeunes vivent avec moins de 3 dollars par jour 😱. En Afrique, 62% de la population à moins de 25 ans et les jeunes représentent 60% des chômeurs africains. Il y a donc une main d’oeuvre prête à développer le continent. Pour cela, une volonté politique, des investissements massifs et la bonne application des règles de la ZLEC sont indispensables.

Améliorer la sécurité alimentaire

De nombreux gouvernements africains comme le Nigéria ou le Sénégal ont mis en place des politiques visant à atteindre l’auto-suffisance alimentaire. En produisant massivement sur le sol africain et grâce aux règles de la ZLEC, les pays voisins qui n’ont pas encore atteint cette autosuffisance alimentaire pourront profiter des productions voisines et ne plus importer, par exemple, de riz provenant des marchés asiatiques. Ce changement de consommation est à l’avantage des africains car les droits de douane ne seront plus répercutés sur les prix de vente.

Consommer africain et devenir une puissance mondiale

En industrialisant les pays, en transformant les matières premières sur son propre sol et en les vendant au juste prix, nul doute que l’Afrique deviendra une puissance mondiale de premier plan.


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